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PLONGEES EN RADE DE BREST
par Jean-Yves Havaux (Page de présentation)
Les premières plongées dont vous allez trouver la description
sur le site Internet de SCUBALAND concernent la rade de Brest.
L’idée de s’immerger dans la rade peut paraître saugrenue
au premier abord. Bien sûr, c’est un plan d’eau relativement abrité,
qui permet de s’entraîner une bonne partie de l’année loin
des colères de l’océan ; mais que contempler à proximité
d’un grand port et des pollutions potentielles d’une grande ville, dans
une eau troublée par les alluvions de plusieurs rivières
et les forts courants de marée ?
Une fois estompées les premières joies de « faire
des bulles sous l’eau », n’y a t’il pas mieux à faire dans
les eaux claires du large ? La plongée n’est-elle pas un moyen technique
de pénétrer un monde différent, à portée
de palme, où l’on approche une faune et une flore bizarre et exubérante
? Et bien tout cela existe aussi dans la rade de Brest.
Les rivières, les courants et les fonds vaseux de certaines zones
sont les amis de quantité d’animaux filtrants riches en couleur,
de mollusques et de petits crustacés.
La pollution ? Elle est naturellement diluée par les marées
et de plus en plus insignifiante grâce aux stations d’épuration.
Les alluvions des rivières viennent enrichir les eaux marines
et sont sources de nourriture abondante. Les fonds légèrement
vaseux sont également très prisés par certains organismes.
Si vous visitez les aquariums d’Océanopolis, allez voir celui
de la rade de Brest : c’est le plus le plus riche et le plus coloré
!
Ceci étant, il ne s’agit pas de plonger dans un aquarium,
mais bien en eau trouble, balayée par de violents courants de marée.
Il faut donc apprendre à apprivoiser la rade de Brest, à
la sentir pour en tirer les meilleurs moments.
Aucun plongeur ne peut lutter contre ses courants. Pour vous donner
une idée de leur force, il suffit d’imaginer la quantité
d’eau qui doit transiter pour augmenter la hauteur d’eau à chaque
marée de 5 à 7 mètres, dans un espace pratiquement
fermé en dehors d’un étroit goulet. La turbidité de
l’eau est nettement augmentée par le courant qui déplace
les particules en suspension et décolle certains éléments
légers du fond. Les étales de basse mer ou de marée
haute sont donc des périodes optimales aussi bien pour « se
rincer l’œil » que pour des raisons de sécurité.
Marée basse ou marée haute ? A marée montante
les eaux claires venant du large diluent considérablement les eaux
chargées d’alluvions. La visibilité est multipliée
par trois au moins à marée haute et devient tout à
fait confortable pour la prise de vue sous-marine rapprochée.
Pour les mêmes raisons, il faut éviter de plonger pendant
les périodes de grande marée. Le bon plongeur
se reconnaît parce qu’il a toujours dans la poche l’annuaire des
marées.
Inutile de s’immerger pendant une période de pluies importantes
et prolongées, ou tout de suite après un gros orage.
Par contre, quand le vent souffle un peu et perturbe les plongées
au large, la rade offre un espace abrité où la houle ne rentre
pas.
La température de l’eau y est un peu plus élevée
qu’un pleine mer, cette différence étant surtout appréciable
pendant l’été.
Le début du printemps est une merveilleuse saison pour qui aime
observer les comportements animaliers. L’eau est souvent claire, le plancton
est peu abondant à cause de la fraîcheur de l’eau (vive les
combinaisons étanches !), mais la remontée de la lumière
active les comportements amoureux de tous vos compagnons de plongée
: bernard l’ermite, lièvres de mer, labres (« vieilles »)
et bien d’autres se cherchent, s’accouplent et se laissent approcher comme
jamais.
Attention, le printemps est précoce sous l’eau : dès
le mois de mars, même si l’eau est encore fraîche, tout ce
petit monde s’active.
Si vous aimez les grands espaces survolés à grands coups
de palmes, passez votre chemin.
Si vous ne dédaignez pas ramper au ras du sol, le nez collé
au rocher tout en contrôlant votre respiration pour ne rien abîmer,
vous serez comblé par le spectacle qui s’offre à vous.
Ajoutez-y un éclairage artificiel, simple lampe ou phare puissant
et vous découvrirez un décors somptueux en couleurs où
grouille tout un monde : minuscules crabes araignées, crabes enragés,
étrilles agressives, bernard l’ermite, lièvres de mer et
autres gastéropodes, pétoncles et coquilles saint jacques
s’enfuyant à votre approche où chassées par une étoile
de mer, ophiures, ascidies en tout genre, multitudes d'anémones
rutilantes, sèches, blennies et gobies, nombreux ptérygions,
crevettes, syngnathes, congres dans le moindre interstice entre deux cailloux
guettant de minuscules tacauds.
Deux conseils pour décupler le plaisir de ce type de plongée
: combinaison très chaude, voir modèle étanche et
phare de 50 à 100watt.
Il existe maintenant sur le marché des combinaisons étanches
dont le prix se rapproche de plus en plus des modèles humides haut
de gamme. Leur solidité, liée à leur concept, garanti
une longévité appréciable et ils constituent un excellent
investissement dans nos eaux fraîches ( soi dit en passant, en dessous
de 15m de fond, la Méditerranée est aussi fraîche,
voir plus froide que l’océan). Vous redécouvrirez la plongée
puisque le froid ne sera plus un obstacle à vos contemplations.
Mes meilleures photos animalières de ces dernières années,
je les ai réalisées grâce à mon vêtement
étanche.
Après une brève initiation, la plongée «
au sec » n’est pas plus dangereuse qu’en humide, avec un ennemi en
moins : le froid. Nos mentalités françaises sont très
en retard sur les pays anglo-saxons. Si vous allez en Angleterre ou en
Irlande, vous aurez du mal à trouver un plongeur amateur pratiquant
son activité en combinaison humide.
Les éclairages sous-marins sont coûteux. Certes, mais les
fabricants ont faits de gros efforts pour commercialiser des produits de
plus en plus abordables. Un seul phare suffit à animer la plongée
pour une petite palanquée. Trouvez-vous des copains passionnés
et investissez ensemble.
Quand vous aurez plongé une seule fois dans un bain de couleurs
chatoyantes sur un site qui vous apparaissait habituellement gris
et terne, vous vous demanderez comment vous avez pu supporter cela aussi
longtemps.
Si vous plongez en club, renseignez-vous sur les éclairages
dont disposent les moniteurs où qui peuvent être mis à
votre disposition. N’oubliez pas que plus le ciel est sombre et le soleil
absent, et plus les éclairages artificiels sont performants ! Dans
ces conditions, une simple torche avec une bonne ampoule halogène
suffit déjà.
Si pour vous glisser dans les décors sous-marins de la rade
de Brest vous faites appel à un club, choisissez celui qui applique
ces concepts : en toute sécurité, vous découvrirez
un univers insoupçonné sur quelques centimètres d’épaisseur
au ras du fond.
Rendez-vous dans les mois qui viennent pour des plongées
en rade de Brest, sur toute la côte bretonne, en Irlande et ailleurs.
Jean-Yves Havaux
© Copyright Jean-Yves Havaux
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